Introduction au télévision
par ADSL
Après la voix, la ligne téléphonique
s’est progressivement ouverte à d’autres
usages: Minitel, transmission fax et informatique selon
différents protocoles (X/Y/Zmodem), puis connexion à l’internet à un
débit croissant (14,4 kbps au début).
L’arrivée de l’ADSL a marqué un
premier tournant, autorisant sur une ligne téléphonique
classique (ou RTC ligne commutée analogique, à distinguer
de la ligne numérique RNIS Numeris) des vitesse
de connexion à faire rêver. L’ouverture
de la liaison ADSL pour la transmission de données
non informatiques (télévision par ADSL)
pourrait constituer un nouveau pas important. C’est
en tout cas l’avis de différents fournisseurs
d’accès et opérateurs télécoms,
qui planchent sur la question. Aujourd’hui, la
télévision par ADSL est en passe d’être
commercialisée. Le couple France Télécom
TPS ouvrant la danse avec son offre TPSL (nom provisoire),
suivi de près par Free et Canal Plus. Cette
nouvelle façon de distribuer des programmes
de télévision pose bien des questions. À noter
pour l’anecdote que la ligne téléphonique
et le câble ont convergé en faisant chacun
le chemin inverse (télévision, Internet,
puis téléphonie pour le câble).
La télévision sur ADSL en 12 questions
Pourquoi maintenant ?
La réponse tient à plusieurs facteurs.
La première raison est d’ordre technique.
Il fallait déjà que les réseaux
ADSL soient capables d’absorber le surcroît
de charge généré par les données
véhiculées par la télévision.
Cette dernière réclame en effet un taux
de transfert de 3 à 4 Mbps, qui, comparé aux
offres grand public les plus rapides (1024 kbps), laisse
rêveur. Même si la technologie est d’ores
et déjà capable de délivrer des
débits autrement plus importants. Ainsi, les
abonnés Free en zone dégroupée
situés à proximité d’un
central téléphonique le savent déjà.
Leur taux de téléchargement pouvant atteindre
en pratique quelque 2,5 Mbps ! Et ce n’est qu’un
début. France Télécom projette de proposer des
abonnements 16 Mbps aux internautes habitant à moins
de 300 mètres d’un central téléphonique.
Quant aux Japonais, ils pourront bénéficier,
dans un avenir proche, de lignes ADSL à 100
Mbps!
La seconde raison est stratégique et commerciale. Le réseau
par satellite, TPS indique ainsi une pénétration difficile
de la télévision par satellite dans les villes, du fait
de la concurrence du câble et des restrictions d’installation
d’antennes en milieu urbain. La télévision par ADSL
permettrait ainsi à la filiale de TF1 de trouver un nouveau débouché.
Comment ça marche ?
La transmission des données vidéo s’effectue
sur la ligne ADSL, selon un codage différent
de celui des données internet, ce qui évite
toute interférence. Les concepteurs de TPSL
ont finalement opté pour un codage classique
en MPeg-2, après avoir écarté le
MPeg-4 (base du DivX). Les informations reçues
sont traitées par un décodeur (séparé ou
intégré au modem ADSL selon les offres)
et envoyées directement au poste de télévision,
via une connexion Peritel.
Quand pourrai-je m’abonner
aux offres de télévision par ADSL ?
L’offre TPSL sera disponible à Lyon à la
fin de l’année, puis à Paris au
printemps 2004 avant d’être étendu
au reste de l’hexagone. Cette disponibilité progressive
est due en partie à la nécessité d’équiper
les multiplexeurs des centraux téléphoniques
(DSLAM) d’un composant dédié à la
vidéo par ADSL. Du fait de l’alliance
avec l’opérateur historique, TPSL pourrait être
aussi disponible, à terme, dans les zones non
dégroupées. L’offre Free sera lancée
au début 2004, exclusivement dans les zones
dégroupées pouvant utiliser la Freebox.
Canal Plus pour sa part annonce qu’il proposera
une offre de télévision par ADSL dès
que TPSL sera commercialisé, sans précision
supplémentaire quant au calendrier et aux villes
couvertes.
Où pourrai-je m’abonner
?
Le pack TPSL sera disponible dans les points de vente
agréés (distributeurs spécialisés,
grandes surfaces, installateurs, boutiques France Télécom).
Il faudra souscrire deux abonnements : l’un pour
la ligne télévision par ADSL et l’autre
pour le bouquet retenu dans les offres TPS. À cela
s’ajoute l’abonnement à la ligne
Internet ADSL, indépendant. L’offre de
Free sera disponible sur le site de l’opérateur.
Elle ne concerne que le bouquet de télévision
choisi, sans abonnement ADSL supplémentaire
pour la télévision. Les abonnées
en zone dégroupée pourront, sans le moindre
abonnement, bénéficier des chaînes
gratuites diffusées par l’opérateur.
Quant à l’offre Canal Plus, il faudra
attendre pour en savoir un peu plus.
J’ai une ligne ADSL à 512
kbps. Est-ce que cela va suffire ?
La question ne se pose pas en ces termes. Le problème
diffère selon l’offre les opérateurs.
Pour TPSL, l’abonné doit souscrire un
abonnement à une ligne ADSL dédiée à la
vidéo. Ce dernier, ne concernant que la télévision,
ne modifie en rien l’abonnement à l’internet,
qui doit d’ailleurs être souscrit indépendamment.
Chez Free, la télévision par ADSL ne concerne que les abonnés
en zone dégroupée, équipés d’une Freebox
(modem ADSL de Free en zone dégroupée) et disposant déjà d’une
connexion à 1024 kbps.
Est-ce qu’il faudra modifier
l’installation ?
La ligne ADSL elle-même ne nécessite
aucune modification chez le particulier (les adaptations
pour TPSL s’effectuent dans les centraux téléphoniques).
Pas de modification à effectuer non plus sur
les prises ou les filtres. Les titulaires d’un
abonnement à l’ADSL internet n’auront
donc pas de souci à se faire. Pour les nouveaux
abonnés, la restriction de distance entre l’abonné et
son central téléphonique reste sensiblement
la même que pour l’ADSL Internet: pas plus
de 3 kilomètres. Les abonnés à la
télévision ADSL de Free n’auront
même pas à changer quoique ce soit d’autre.
Il leur suffira de connecter leur Freebox à la
télévision via le câble Peritel/Peritel
fourni. En revanche, dans l’offre TPSL, le matériel
doit être adapté. D’une part, le
modem ADSL standard devra céder la place à un
modem multiVC (Virtual Channel), capable de séparer
les données informatiques des données
vidéo. Ceux qui ont déjà acquis
un modem ADSL classique en seront pour leur frais.
D’autre part, il leur faudra adjoindre un décodeur, à louer
ou acheter (non encore précisé, mais
sans doute les deux possibilités seront proposées à terme).
Les prix ?
Les tarifs des bouquets TPS ADSL devraient être
comparables à ceux du câble et du satellite,
mais les coûts de location/achat du modem multiVC
et du décodeur ne sont pas fixés. Chez
Canal Plus, on annonce aussi un ordre de grandeur similaire
aux autres offres de télévision (câble/satellite),
sans autre précision. Le coût des bouquets
n’est pas connu chez Free. Mais ici pas d’autre
frais, ni d’abonnement à une ligne ADSL
vidéo, ni de location/achat d’un nouveau
modem et d’un décodeur, la Freebox étant
fournie gratuitement en zone dégroupée.
De quelle configuration informatique
aurai-je besoin ?
D’aucune ! La télévision par ADSL
se connecte directement au téléviseur,
via un décodeur, sans passer par un ordinateur,
exactement à la manière de la télévision
par câble ou satellite.
Est-ce que je pourrai continuer à surfer
pendant que ma famille regarde la télévision
par ADSL ?
Tout à fait. Les deux activités sont
totalement indépendantes. Le modem se charge
de séparer les données internet et TV
reçues. Les premières seront traitées
par l’ordinateur, tandis que les secondes le
seront par le décodeur (intégré à la
Freebox dans le cas de Free) et envoyées directement
au téléviseur. Tout cela sans que la
ligne téléphonique classique ne soit
affectée. L’usage de la télévision
par ADSL ne monopolise pas la ligne (comme en ADSL
Internet). On peut donc simultanément regarder
la télévision ADSL, surfer sur Internet
et téléphoner/faxer/consulter le Minitel.
L’abonnement à la
télévision ADSL est-t-il soumis à la
redevance ?
Pas du tout. La redevance ne concerne que les appareils
de visualisation équipés d’un tuner
TV (téléviseurs en pratique) et non le
moyen de transfert des informations TV. Tout comme
l’abonnement à la télévision
par câble ou satellite, la télévision
par ADSL est indépendante de la redevance.
Comment enregistrer la télévision
par ADSL ?
L’enregistrement s’effectuera sur un périphérique
d’enregistrement vidéo classique (magnétoscope
et autre enregistreur DVD), à moins de disposer
d’un décodeur incorporant un disque dur.
TPSL devrait en effet laisser le choix entre le décodeur
simple (pas de fonction évoluée) et le
décodeur Platinium à disque dur incorporé autorisant
l’enregistrement des émissions et le time-shifting
(lecture en léger différé). Le
décodeur Platinium pourrait toutefois n’être
proposé que dans un second temps, du fait de
problème d’approvisionnement. On peut
imaginer que Canal Plus fera de même avec son
PilotTime.
Et dans le futur ?
TPSL et Free devrait proposer dans un second temps
de la télévision et/ou vidéo à la
demande. Toutefois, une telle offre nécessite
une infrastructure réseau puissante. En télévision
par ADSL, les informations ne sont envoyées
qu’une seule fois et distribuées par Multicast à tous
les abonnés. En télévision/vidéo à la
demande, le nombre d’informations circulant croit
avec le nombre des requêtes des abonnés,
ce qui pourrait conduire à une saturation du
réseau. Une solution évoquée consisterait à stocker
l’ensemble du film en local (au niveau des centraux
téléphoniques par exemple) pour limiter
la charge de la bande passante, à la manière
des proxy des FAI.
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